HUMOUR ET POESIE

 

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A comme Algérie

 

 

 

Algérie, depuis toujours j'ai chanté ton nom.

 

C'était, dans ma jeunesse,

 

un hymne à ta beauté :

 

« Algérie ! O pays de rêve,

 

De lumière et d'enchantement... »

 

C'était alors, a-t-on dit,

 

« l'Algérie de Papa ».

 

 

Puis tu devins

 

« l'Algérie de la Toussaint ».

 

Les chœurs de tes enfants

 

ne chantèrent plus à l'unisson.

 

 

Sur cinq notes, trois longues et deux brèves,

 

les uns clamaient « Algérie française ».

 

L'écho leur renvoya un autre chant, issu des combats :

 

un hymne algérien que l'Algérien que je croyais être ne comprend pas.

 

Fracture communautaire, creuse ton terrible fossé

 

pour qu'à la fin souffle et passe le vent de l'Histoire.

 

 

Aujourd'hui, tu ne chantes plus Algérie.

 

Serais-tu devenue « une terre de haine et de désenchantement » ?

 

Tes fils se déchirent, certains au nom d'Allah.

 

Après de si dures épreuves, voici l'heure des massacres.

 

Ça suffit, je t'en prie, ça suffit !

 

 

« Algérie éternelle », la nuit parfois, je rêve de toi.

 

Demain, aujourd'hui, tout de suite : réveille toi !

 

O, Algérie !

 

Redeviens ce que tu n'aurais jamais dû cessé d'être :

 

une « Terre d'allégresse, de richesse » pour tes enfants.

 

Tandis que moi qui n'en suis plus maintenant,

 

malgré la Guerre, malgré le Temps,

 

alors que tu me parais de plus en plus lointaine,

 

je me surprends encore à murmurer ton nom.

 

 

Algérie, terre où je suis né,

 

terre où les miens sont enterrés,

 

terre aimée que je ne peux oublier.              

 

       

 

 

 

Norbert