HUMOUR ET POESIE

Vouloir que le soleil
Plus vite que chez vous, ici l'été s'en va,
Le brouillard m'enveloppe, Mèze est si loin déjà.
Joyeux, le feu crépite dans la cheminée,
Les citrouilles incendient les champs abandonnés.
Les mésanges viennent manger sur la fenêtre.
Le fusil d'un chasseur vise un faisan peut-
(Mais il va le rater, car il a bu un peu ),
Et les amis sont loin, près de la grande bleue.
Pourtant, chez nous, l'automne a des langueurs aimables.
Bien sûr, on ne peut pas s'allonger sur le sable !
Mais la forêt copie de Véro les cheveux,
Et nous rappelle ainsi les copains, si tu veux.
Pour Toto, ça va pas, y a pas de feuilles blanches.
Pourtant on pense à lui, quand sous les vieilles branches,
On trouve des champignons aux noms évocateurs:
Phallus Impudicus, j'en passe, et des meilleurs !
Et puis, t'as vu, Jojo, les girolles pousser
Dessous cet arbre à clés que tu avais planté ?
Allez ne restez pas toujours si loin du Nord !
Vouloir que le soleil, j'vous jure, vous avez tort !
Françoise
